PERin et professions libérales : le meilleur allié fiscal pour préparer sa retraite

PERin et professions libérales : le meilleur allié fiscal pour préparer sa retraite
Médecin, avocat, architecte, expert-comptable, notaire… Les professions libérales partagent un point commun souvent source d'inquiétude : leurs régimes de retraite obligatoires, bien qu'existants, délivrent généralement des pensions nettement inférieures à leurs revenus d'activité. Résultat : le taux de remplacement à la retraite est structurellement faible pour cette catégorie de professionnels. Face à ce constat, le Plan d'Épargne Retraite individuel — le PERin — s'impose comme l'un des outils les plus puissants pour combler cet écart, tout en réduisant significativement la pression fiscale pendant la vie active.
Qu'est-ce que le PERin ?
Créé par la loi Pacte en 2019, le Plan d'Épargne Retraite individuel (PERin ou PERi) est venu remplacer deux anciens dispositifs : le PERP pour les particuliers, et le contrat Madelin pour les travailleurs non salariés. Il unifie ces deux produits en un seul cadre plus souple, plus lisible et plus avantageux.
Accessible à tous les majeurs sans condition de statut ou de revenus, le PERin peut être souscrit auprès d'une banque, d'un assureur ou d'un courtier en ligne, à partir de quelques centaines d'euros. Les versements sont libres : ponctuels ou programmés, mensuels ou annuels, le souscripteur adapte ses contributions à son rythme et à sa situation financière du moment.
L'épargne accumulée est en principe bloquée jusqu'à la retraite, sauf dans six situations de déblocage anticipé prévues par la loi : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, ou liquidation judiciaire. Cette contrainte de liquidité est en réalité la contrepartie d'un avantage fiscal exceptionnel.
Un avantage fiscal taillé sur mesure pour les professions libérales
C'est là que le PERin prend toute sa valeur pour les professions libérales. Les versements volontaires effectués sur un PERin sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel calculé spécifiquement pour chaque contribuable et figurant sur l'avis d'imposition, à la rubrique "Plafond Épargne Retraite".
Pour un travailleur non salarié (TNS) — ce qui inclut la grande majorité des professions libérales — ce plafond est bien plus élevé que celui d'un salarié. Il se calcule en deux tranches :
- Première tranche : 10 % du bénéfice imposable, plafonné à 37 680 € (soit 10 % de 8 fois le PASS 2026).
- Deuxième tranche : 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 PASS et 8 PASS, soit entre 48 060 € et 384 480 €.
En cumulant ces deux tranches, un professionnel libéral aux revenus élevés peut déduire jusqu'à environ 87 000 € par an de son revenu imposable — soit plus du double du plafond applicable aux salariés. Pour un médecin spécialiste ou un avocat d'affaires à la tranche marginale d'imposition (TMI) de 41 %, chaque euro versé sur le PERin génère 41 centimes d'économie d'impôt immédiate.
Concrètement, un professionnel libéral versant 30 000 € sur son PERin dans l'année économise 12 300 € d'impôt sur le revenu si sa TMI est de 41 %. C'est un levier de défiscalisation légal, puissant et immédiat.
La grande nouveauté 2026 : le report des plafonds étendu à 5 ans
L'une des limites historiques du PERin pour les indépendants était la suivante : les plafonds de déduction non utilisés n'étaient reportables que sur 3 ans. Or, les professions libérales connaissent souvent des revenus très irréguliers, notamment en début d'activité ou lors de transitions professionnelles.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a répondu à cette réalité. À compter de 2026, le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Une excellente nouvelle pour les professions libérales dont les revenus fluctuent : les années de vaches maigres ne font plus perdre définitivement les droits à déduction. Il devient possible de rattraper jusqu'à cinq années de plafonds non consommés lors d'une année exceptionnellement bonne, et d'effectuer un versement massif en déduisant l'intégralité de l'effort d'épargne.
Prenons un exemple : un jeune kinésithérapeute qui n'a pas versé sur son PERin les trois premières années de son installation peut, dès qu'il atteint une clientèle solide et des revenus confortables, récupérer cinq années de plafonds cumulés et réaliser un versement important qui lui fait économiser plusieurs milliers d'euros d'impôts en une seule fois.
Deux modes de déduction possibles : du revenu global ou du revenu catégoriel
Pour les professions libérales relevant du régime BNC (Bénéfices Non Commerciaux) — médecins, avocats, notaires, architectes, experts-comptables… — le PERin offre une flexibilité supplémentaire rarement connue : le choix entre deux modes de déduction.
Déduction du revenu global : les versements viennent réduire l'ensemble des revenus du foyer fiscal, ce qui est pertinent pour les couples dont l'un des membres est salarié ou a des revenus complémentaires.
Déduction du revenu catégoriel (BNC) : les versements viennent directement diminuer le bénéfice imposable déclaré en BNC, ce qui réduit à la fois l'impôt sur le revenu et, dans certains cas, les cotisations sociales assises sur ce bénéfice.
Ce choix doit être communiqué au gestionnaire du contrat et peut être adapté d'un versement à l'autre. Il convient de l'analyser avec soin en fonction de la structure des revenus du foyer et de la situation de chaque associé.
À la sortie : capital, rente ou mixte
À l'âge légal de la retraite (64 ans en 2026), le titulaire du PERin peut choisir librement entre trois modes de sortie, ce qui constitue un avantage considérable par rapport aux anciens contrats Madelin, qui imposaient une sortie obligatoire en rente.
Sortie en capital : les sommes sont perçues en une fois ou de façon fractionnée. La part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l'impôt sur le revenu. Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % ou, sur option, au barème progressif.
Sortie en rente viagère : le capital est converti en une pension mensuelle versée à vie. Elle est imposable à l'impôt sur le revenu, mais uniquement sur une fraction de son montant, déterminée en fonction de l'âge au premier versement. Entre 60 et 69 ans, seuls 40 % de la rente sont imposables.
Sortie mixte : une combinaison des deux, permettant de récupérer une partie en capital (pour un projet, un achat ou une transmission) tout en conservant une rente complémentaire à vie.
Cette souplesse à la sortie est l'une des grandes forces du PERin par rapport aux anciens dispositifs.
PERin et transmission : un atout patrimonial souvent négligé
Le PERin assurance (souscrit auprès d'un assureur ou d'un courtier) bénéficie d'une fiscalité successorale favorable en cas de décès avant la liquidation. Les sommes épargnées sont transmises aux bénéficiaires désignés dans des conditions proches de l'assurance-vie : exonération jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire si le décès survient avant 70 ans, puis fiscalité réduite au-delà.
Cette dimension successorale est particulièrement intéressante pour les professions libérales qui construisent un patrimoine important pendant leur vie active et souhaitent en organiser la transmission de façon optimisée.
Ce qu'il faut surveiller : la fiscalité à la sortie
Le PERin n'est pas un cadeau fiscal sans contrepartie. La déduction à l'entrée est récupérée à la sortie : les sommes issues de versements déduits sont imposées au barème de l'impôt sur le revenu au moment de leur déblocage. Il est donc essentiel d'anticiper la TMI estimée à la retraite.
Pour la majorité des professions libérales, qui exercent à des TMI de 30 %, 41 % ou 45 %, le pari du PERin est généralement gagnant : la déduction s'effectue à un taux élevé pendant l'activité, et la sortie intervient à un taux plus faible une fois les revenus réduits à la retraite. L'écart fiscal constitue le gain net réel du dispositif.
En revanche, pour un professionnel libéral dont les revenus de retraite seraient comparables à ceux d'activité (revenus locatifs, capital important, cumul emploi-retraite…), la pertinence du PERin mérite une analyse approfondie avant d'y engager des montants importants.
Ce qu'il faut retenir
Le PERin est, sans doute, l'un des rares dispositifs fiscaux qui combine à la fois une réduction d'impôt immédiate et significative, une constitution progressive d'un capital retraite, et une grande souplesse à la sortie. Pour les professions libérales soumises à des TMI élevées et exposées à des régimes de retraite obligatoires limités, c'est un outil incontournable à intégrer dans une stratégie patrimoniale globale.
L'extension du report des plafonds à 5 ans depuis 2026 renforce encore son attrait pour les indépendants aux revenus irréguliers. Il n'y a pas de moment parfait pour ouvrir un PERin — mais chaque année sans versement est une opportunité de déduction perdue.
Le conseil du gestionnaire de patrimoine
Le PERin ne doit pas être envisagé seul, mais comme une brique d'une stratégie d'ensemble. Associé à une assurance-vie pour la liquidité, à un PEA pour la dynamique actions, et à une réflexion sur la transmission, il forme un triptyque patrimonial redoutablement efficace. L'idéal est d'effectuer ses versements en fin d'année, une fois le bénéfice réel connu, pour calibrer précisément l'effort d'épargne en fonction du plafond disponible et de la TMI effective.
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